vendredi, mai 26, 2006

Indonésie : Les trois catholiques condamnés à mort demandent un soutien moral

ROME, Mardi 23 mai 2006 (ZENIT.org) - Il y a trois jours, dans l’attente de la peine capitale, les trois catholiques condamnés en Indonésie ont demandé le « soutien moral de tous les catholiques du pays ».

L’Agence de l’Institut pontifical des Missions étrangères (PIME) « Asia News », a à nouveau évoqué le sort des détenus, et a insisté à plusieurs reprises sur le fait que le procès a été caractérisé par des intimidations à grande échelle de la part d’extrémistes islamistes et que les juges n’ont pas prêté attention aux témoins de la défense, qui disculpaient les trois accusés.

De 1998 à 2001, Poso (dans les îles Sulawesi, Indonésie) a été le théâtre d’affrontements sanglants entre chrétiens et musulmans, qui ont coûté la vie à plus de deux mille personnes.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu le massacre de deux cents musulmans en l’an 2000 ; les trois catholiques Fabianus Tibo (60 ans), Dominggus da Silva (42) et Marinus Riwa (48), ont été accusés d’avoir participé au massacre. Arrêtés la même année, le tribunal régional de Palu les a condamné à mort en 2001.

Aucun musulman n’a été condamné pour les événements violents de l’époque sur lesquels la pleine lumière n’a pas encore été faite.

Le 10 mai dernier, après le « non » du Président Susilo Bambang Yudhoyono à la deuxième demande de grâce, tout semblait indiquer qu’il ne restait que trois jours avant l’exécution de « Tibo et compagnie », comme sont appelés les trois catholiques.

« Depuis des mois l’exécution semble ‘imminente’, mais jusqu’à présent aucune date officielle n’a été révélée » » a souligné vendredi dernier l’agence du PIME, confirmant que « se poursuivent, en attendant, les protestations des groupes pour les droits de l’homme et de la communauté chrétienne d’Indonésie, qui considèrent ‘injuste’ le procès subi par les trois catholiques ».

Les familles des condamnés ont pu leur rendre visite jeudi dans la prison de Palu. La rencontre a duré dix heures.

Par la suite, un proche, Anselmus da Silva, a déclaré : « Tibo et ses compagnons demandent le soutien moral de tous les catholiques du pays ; c’est le cri de personnes impuissantes qui, de derrière les barreaux, cherchent encore justice ».

« Ils sont tous trois tranquilles et conscients de se trouver totalement entre les mains de Dieu - a-t-il ajouté, selon « Asia News » - ; ils sont prêts à mourir en ‘martyrs’ innocents, et ce n’est pas l’exécution qui les préoccupe, mais le destin de leurs familles respectives ».

L’Agence du PIME informe qu’il y a plus d’une semaine le chef de la police de la province des îles Sulawesi centrales, Oegroseno, a rencontré d’autres hauts fonctionnaires du gouvernement et de la sécurité et a exprimé ses doutes quant à la capacité des trois condamnés à « orchestrer » des affrontements comme ceux de Palu.

Oegroseno a ainsi affirmé que l’on devrait laisser les trois catholiques en vie, « parce qu’ils sont des témoins clefs de ce qui se trame derrière cette violence ».

« Il semble toutefois, commente Asia News, que déjà depuis quelques jours le ministère indonésien chargé de la politique et de la sécurité ait demandé au Bureau du procureur des îles Sulawesi de fixer une date précise pour l’exécution ».

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