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lundi, mars 17, 2008

Persécutions, mais qui s'en soucie vraiment ?

Un très bon article à lire chez Koz.

mercredi, février 20, 2008

Algérie : Un prêtre catholique condamné pour avoir prié

D'après une dépêche Zenit.org du 11 février dernier (via Catholique.org):
En Algérie, un prêtre catholique a été condamné par le tribunal d’Oran à un an de prison avec sursis pour avoir « célébré un rite dans un lieu non reconnu par le gouvernement », explique le quotidien catholique italien « Avvenire ». Radio Vatican reprend elle aussi la nouvelle.

Le P. Pierre Wallez, français, est sanctionné en vertu de la nouvelle loi sur « l’exercice des pratiques du culte non-musulman ».

Certes, en Algérie, l’islam est religion d’Etat mais la liberté de culte est garantie par la constitution.

Or, depuis mars 2006 l’Eglise catholique d’Algérie était dans l’expectative, après l’adoption par le Parlement algérien d’une loi punissant le « prosélytisme » par la prison ferme et une amende pouvant aller de 500.000 à un million de dinars (5.000 à 10.000 euro). La loi comprend la production d’images, la diffusion de publications, ou cassettes audio ou vidéo.

Et Mgr Henri Teissier, Archevêque d'Alger, d'ajouter que
la chose qui surprend le plus est que la condamnation a été émise parce que le prêtre avait rendu visite à un groupe de chrétiens du Cameroun : il n’avait pas célébré de messe, il avait seulement prié avec eux, le 29 décembre 2007, juste après Noël.

Prier avec ses frères en religion, ce n'est pas faire du prosélytisme me semble-t-il.

Nos frères chrétiens d'Algérie ont besoin de nos prières, car une telle attitude de la part des autorités algériennes ne laisse rien présager de bon pour l'avenir.

dimanche, février 10, 2008

Lourdes: 150ème anniversaire des apparitions

Demain (dans quelques minutes à l'heure où j'écris) cela fera 150 ans que Notre-Dame est apparu à Ste Bernadette à Lourdes.

Il y a déjà 70 000 pèlerins sur place. La journée de demain s'annonce pleine de grâces :-)

jeudi, novembre 01, 2007

Tous les êtres humains sont appelés à la sainteté

CITE DU VATICAN, 1 nov 2007 (AFP) - Benoît XVI: tous les êtres humains sont appelés à la sainteté

Le pape Benoît XVI a déclaré jeudi que "tous les êtres humains sont appelés à la sainteté, ce qui signifie vivre "comme des fils de Dieu", à l'occasion de la fête chrétienne de la Toussaint.

Le chef de l'Eglise catholique a récité comme tous les dimanches et jours fériés la prière de l'angelus depuis la fenêtre de son bureau du Vatican, en présence de milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre malgré la pluie.

Auparavant il a rappelé le sens de la Toussaint qui célèbre la mémoire de tous les saints, connus ou inconnus, et que l'Eglise lie "étroitement" à la fête de tous morts célébrée le lendemain 2 novembre.

"On pense parfois que la sainteté est un privilège réservé à quelques élus, a déclaré le pape. "En réalité, devenir saint est la tâche de tous les chrétiens, et même, pouvons nous dire, de tout homme".

"Tous les êtres humains sont appelés à la sainteté qui, en dernière analyse, consiste à vivre en fils de Dieu, dans cette ressemblance à lui selon laquelle ils ont été créés", a-t-il ajouté, en les invitant à suivre "le chemin exigeant de la liberté".

lundi, août 06, 2007

RIP: Mgr Jean-Marie Lustiger

Un grand homme vient de nous quitter: l'ancien archevêque de Paris, le cardinal Jean-Marie Lustiger.

Dans la blogosphère assoupie dans cette période estivale, Patrice de Plunkett nous rapporte la nouvelle, et dénonce le manque de rigueur du service publique, ainsi que le conservateur.

Dans les grands médias, le Figaro fut le premier a rapporter la nouvelle. France 2 en fait autant sur son site, mais le qualifie de "traditionaliste moderne" sans en apporter de véritable explication, si ce n'est qu'il défendait les positions traditionelles de l'Eglise. Il ne semble apparement pas logique pour tout le monde qu'un cardinal défende les positions de l'Eglise.

Je n'ai jamais rencontré Mgr Lustiger (je suis loin d'être parisien), et je ne me souviens pas avoir lu l'un de ses livres. Mais c'est une personne que j'ai toujours admiré, en raison de sa profonde amitié avec le Christ: en effet, il s'est converti au christianisme, et ensuite a découvert sa vocation et s'est engagé dans le sacerdoce.

Nous avons beaucoup à apprendre de lui.

jeudi, mai 03, 2007

Mois de mai, mois de Marie

Le mois de mai est de retour. Un mois consacré à Marie, au cours duquel nous sommes invités à la connaître, à se mettre à son école, comme nous y invite le Pape, et pourquoi pas, s'engager plus avant dans la dévotion à Marie selon l'enseignement de St Louis-Marie Grignon de Montfort ?

vendredi, avril 20, 2007

Une circulaire de Pie XII aux religieux : Accueillez les juifs persécutés !

Révélation du cardinal Bertone
ROME, Jeudi 19 avril 2007 (ZENIT.org) – Une circulaire de Pie XII aux instituts religieux, en date du 25 octobre 1943, a demandé explicitement aux religieux d’accueillir dans leurs maisons les juifs persécutés, a révélé mardi dernier le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone.

Le pape Eugenio Pacelli, disait-il, a en effet adressé cette « circulaire de la secrétairerie d’Etat » dans laquelle il demandait d’offrir « l’hospitalité aux juifs persécutés par les nazis dans tous les instituts religieux et d’ouvrir les instituts et aussi les catacombes ».

C’est à l’occasion de la présentation du livre de Maria Franca Mellano intitulé « L’œuvre salésienne de Pie XI sur l’Appio Tusculano à Rome », à l’institut Pie XI, que le cardinal salésien a commenté la crise suscitée à Jérusalem par une légende placée sous une photo de Pie XII au Mémorial de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem. La légende évoque son prétendu « silence » et son absence de directives pour dénoncer la Shoah.

Le livre de Maria Franca Mellano mentionne les centaines de réfugiés juifs accueillis par cette institution pendant la seconde guerre mondiale : une « histoire lumineuse de générosité et d’attention », a commenté le cardinal Bertone.

« Mais, ajoutait-il, cette œuvre a été rendue possible, non seulement ici mais partout, par une circulaire de la secrétairerie d’Etat avec le sceau de Pie XII ».

« Il est impossible, précisait le secrétaire d’Etat, que Pie XII, qui a signé cette circulaire, n’ait pas approuvé une telle décision ».

A la suite de la protestation du nonce en Israël, Mgr Antonio Franco, le président du Mémorial, M. Avner Shalev, a promis de reconsidérer la façon dont le pape Pie XII y est présenté.
***
La vérité sort, petit à petit.

On pourra relire aussi l'article Le KGB, un complot contre Pie XII ?

vendredi, mars 30, 2007

Une religieuse française guérie de Parkinson... et des questions

Ce blog en avait déjà relaté ce miracle en janvier 2006 : une religieuse française guérie de la maladie de Parkinson, la même dont souffrait Jean-Paul II, grâce à l'intercession du défunt pape.

A propos de la maladie de Parkinson:
La maladie de Parkinson est une maladie dégénérative qui résulte de la mort lente et progressive de neurones du cerveau. Comme la zone du cerveau affectée par la maladie joue un rôle important dans le contrôle de nos mouvements, les personnes atteintes développent peu à peu des gestes rigides, saccadés et incontrôlables. Par exemple, porter une tasse à ses lèvres avec précision et souplesse devient difficile. De nos jours, la médecine traite les symptômes avec assez de succès. On peut vivre avec la maladie pendant plusieurs années. (source)

La maladie de Parkinson est incurable: la guérison est impossible, les médicaments peuvent seulement en atténuer les symptômes.

On peut lire aujourd'hui le témoignage de la religieuse dans la Croix :
Sa maladie, raconte la religieuse, « était latéralisée à gauche, ce qui me handicapait beaucoup, étant gauchère. À partir du 2 avril 2005 (NDLR : jour de la mort de Jean-Paul II), la maladie m’a ravagée de semaine en semaine, je me voyais diminuer de jour en jour, je ne pouvais plus écrire, étant gauchère, ou si je le faisais, j’étais difficilement lisible. Conduire ne m’était quasiment plus possible, hormis sur des trajets très courts, car ma jambe gauche connaissait des périodes de blocage et la raideur ne facilitait pas la conduite. Il me fallait de plus en plus de temps pour accomplir mon travail, celui-ci était devenu très difficile, travaillant en milieu hospitalier. J’étais fatiguée et épuisée. »

Les religieuses de son ordre ont prié pour pour sa guérison par l'intercesson de Jean-Paul II, et elle fut finalement guérie le 2 juin 2005.

Gloire à Dieu! Que son saint Nom soit béni!

(Par ailleurs, on pourra lire avec intérêt l'article du Figaro : Flot de miracles pour béatifier Jean-Paul II)

Cette guérison m'apparaît remarquable car elle intervient en France, dans une société d'où Dieu est chassé car les décideurs et faiseurs d'opinion ont décidé de croire qu'il n'existait pas.

Elle soulève plusieurs questions pour les catholiques et les non-catholiques :
  1. Si Dieu n'existe pas, comment se fait-il qu'une telle maladie incurable ait été guérie en l'invoquant ?
  2. Si le Dieu des chrétiens est capable d'un tel miracle, vont-ils continuer de croire que laîcisme et laïcité se confondent, et que la foi (surtout catholique...) est une chose privée ? Ou l'exigeance de vérité va-t-elle les pousser à reconsidérer la présence de leur foi dans la société et les inciter à en porter le témoignage ?
  3. Jean-Paul II a promu l'Evangile de la Vie face à la culture de mort (avortement, euthanasie) ambiante, et par son intercession une religieuse travaillant dans une maternité a été guérie : c'est un symbole fort en faveur de la vie. Les catholiques soutenant la culture de mort vont-ils être en mesure de le comprendre et de revoir leur position ?

mardi, mars 27, 2007

Lettre ouverte de Monseigneur Jean-Pierre Cattenoz aux candidats aux prochaines élections

Mesdames et Messieurs les candidats, quand je vous écoute, j’ai mal pour mon pays. Bien sûr, je me réjouis devant les germes d’espérance contenus dans les nombreuses propositions énoncées dans vos programmes.

Il y a quelques semaines, je me suis réjoui de vous voir tous unanimes pour inscrire l’abolition de la peine de mort dans notre Constitution. Aujourd’hui, je suis consterné par vos programmes qui portent en eux les germes d’une culture de mort pour notre société.

Certes, comme archevêque d’Avignon, il ne m’appartient pas de prendre position publiquement pour l’un ou l’une d’entre vous. De même, en intervenant, je n’entends nullement porter atteinte à la liberté politique des catholiques de mon diocèse. Je voudrais seulement vous alerter et alerter tous les hommes de bonne volonté sur plusieurs points de la campagne électorale dont les enjeux me semblent majeurs pour l’avenir de notre pays.

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie. Or je constate combien en laissant fragiliser la famille vous portez atteinte au patrimoine de l’humanité.

La famille est le sanctuaire de la vie, une réalité décisive et irremplaçable pour le bien commun des peuples. Elle est la cellule vitale et le pilier de toute vie en société. L’avenir de l’humanité passe par la famille. Elle est le centre névralgique de toute société, une école d’humanisation de l’homme où il peut grandir et devenir pleinement homme. La famille est le lieu privilégié et irremplaçable où l’homme apprend à recevoir et à donner l’amour qui seul donne sens à la vie. Elle est le lieu naturel de la conception, de la naissance, de la croissance et de l’éducation des enfants. Elle est le milieu naturel où l’homme peut naître dans la dignité, grandir et se développer de manière intégrale.

L’institution du mariage, fondement de la famille, échappe à la fantaisie de l’homme ; le mariage plonge ses racines dans la réalité la plus profonde de l’homme et de la femme, il est l’union de l’homme et de la femme. « Impossible de contester cette norme sans que la société ne soit dramatiquement blessée dans ce qui constitue son fondement. L’oublier signifierait fragiliser la famille, pénaliser les enfants et précariser l’avenir de la société » (Benoît XVI, 20 février 2007).

Or, la plupart de vos programmes électoraux loin de protéger et de promouvoir la famille fondée sur le mariage monogame entre l’homme et la femme ouvrent la porte au mariage entre personnes du même sexe et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Aucune autre forme de vie commune que l’union d’un homme et d’une femme ne peut être juridiquement assimilable au mariage ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. Toute tentative de relativiser le mariage en lui donnant le même statut que d’autres formes d’unions radicalement différentes est dangereuse pour notre société. Tout cela offense la famille et contribue à la déstabiliser en voilant sa spécificité et son rôle social unique.

Concernant le “mariage homosexuel”, il faut distinguer l’homosexualité comme fait privé et l’homosexualité comme relation sociale prévue et approuvée par la loi. La légalisation d’une telle union finirait par entraîner un changement de l’organisation sociale tout entière qui deviendrait contraire au bien commun. Les lois civiles qui devraient être des principes structurants de l’homme au sein de la société, jouent un grand rôle dans la formation des mentalités et des habitudes. Le respect envers les personnes homosexuelles ne saurait en aucune manière conduire à l’approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles (cf. Cardinal Ratzinger, « Considération à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles », Congrégation pour la Doctrine de la Foi, juin 2003).

Le nombre de séparations et de divorces s’accroît, rompant l’unité familiale et créant de nombreux problèmes aux enfants, victimes innocentes de ces situations. La fragilité et le nombre de foyers monoparentaux ne sont pas sans poser question. La stabilité de la famille est aujourd’hui menacée ; pour la sauvegarder, il ne faut pas avoir peur d’aller à contre-courant de la culture ambiante. Les diverses formes de dissolution du mariage sont l’expression d’une liberté anarchique qui se fait passer à tort pour une libéralisation de l’homme. Au contraire, reconnaître et soutenir l’institution du mariage est un des services les plus importants à apporter aujourd’hui au bien commun et au véritable développement des hommes et des sociétés, de même que la plus grande garantie pour assurer la dignité, l’égalité et la véritable liberté de la personne humaine.

Malheureusement bien des projets sur le mariage, le divorce, l’adoption tiennent, certes, compte des désirs des adultes, mais oublient complètement l’intérêt des enfants. Le droit à l’enfant semble prendre le pas sur le droit de l’enfant.

Comme le montre unanimement l’expérience, l’absence d’une maman ou d’un papa au sein d’une famille entraîne bien des obstacles dans la croissance des enfants. Comment des enfants insérés dans des unions homosexuelles où manquent la bipolarité sexuelle et l’expérience conjointe de la paternité et de la maternité pourront-ils grandir et mûrir humainement sans porter les séquelles de cette absence ? Comment assurer l’équilibre de la structure psychologique et sexuelle de l’enfant dans un couple où il n’y a qu’un sexe ?

L’affaiblissement de la cellule familiale est une des causes majeures des difficultés des jeunes. La crise de la famille est une cause directe du mal être des jeunes. La majorité des jeunes en difficultés sont issus de familles humainement et socialement fragilisées.

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’évangile de la vie, de cette vie qui fait de nous des hommes de l’utérus au sépulcre.

La banalisation de l’avortement et le silence sur les conséquences psychologiques, les blessures et les souffrances cachées qui marquent à jamais les femmes sont intolérables. L’information tronquée sur les séquelles provoquées par l’avortement chez les femmes qui y ont eu recours est insupportable.

La liberté de tuer n’est pas une vraie liberté, mais une tyrannie. Jean-Paul II dans sa lettre encyclique « L’Evangile de la vie » a eu des mots très vrais et très durs sur la réalité de l’avortement : « Parmi tous les crimes que l’homme peut accomplir contre la vie, l’avortement provoqué présente des caractéristiques qui le rendent particulièrement grave et condamnable [...]. L’avortement provoqué est le meurtre délibéré et direct, quelle que soit la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance. La gravité morale de l’avortement provoqué apparaît dans toute sa vérité si l’on reconnaît qu’il s’agit d’un homicide et, en particulier, si l’on considère les circonstances particulières qui le qualifient. Celui qui est supprimé est un être humain qui commence à vivre, c’est-à-dire l’être qui est, dans l’absolu, le plus innocent qu’on puisse imaginer : jamais il ne pourrait être considéré comme un agresseur, encore moins comme un agresseur injuste ! Il est faible, sans défense, au point d’être privé même du plus infime moyen de défense, celui de la force implorante des gémissements et des pleurs du nouveau-né. »

Alors que la peine de mort a été abolie pour une question de principe, l’avortement devrait être considéré comme atteignant la dignité de la personne à naître.

Certes, l’avortement est désormais inscrit dans les lois, mais il n’en demeure pas moins immoral au regard de l’Evangile et de l’Evangile de la vie.

L’acceptation de l’euthanasie fait peser des menaces graves sur les malades incurables et sur les mourants. Certes, le contexte social et culturel actuel augmente la difficulté d’affronter la souffrance à l’approche de la mort. Il rend plus forte la tentation de résoudre ce problème en l’éliminant à la racine par l’anticipation de la mort au moment considéré comme le plus opportun. Pourtant, les médecins affirment aujourd’hui savoir soulager la quasi-totalité des douleurs. La vraie question est donc celle des soins palliatifs.

La vie humaine est sacrée, de son commencement naturel jusqu’à son terme. Tout être humain a le droit au respect intégral de ce bien qui est pour lui primordial. Nous ne pouvons accepter la promotion de lois visant à légaliser l’euthanasie.

La manipulation des embryons fait peser une lourde menace sur notre société. L’embryon est un être vivant qui possède un patrimoine génétique humain. Il est une personne humaine, il faut la protéger parce qu’elle est membre à part entière de l’espèce humaine et mérite notre respect.

Les progrès de la science et de la technique peuvent se transformer en menace si l’homme perd le sens de ses limites. Il faut prendre conscience que la chosification de l’embryon nous conduira tôt ou tard à l’eugénisme.

Effectivement, cette manipulation débouche sur un eugénisme subtil. En effet, le dépistage prénatal a changé de nature, il n’est plus destiné à traiter mais bien à supprimer. Un tel dépistage renvoie à une perspective terrifiante, celle de l’éradication.

Aujourd’hui, la venue au monde de certains enfants est devenu non souhaitable. La science propose même des outils pour réaliser le rêve de l’enfant sans défaut. Plusieurs de vos programmes construisent pas à pas une politique de santé qui flirte avec l’eugénisme.

Les recherches biotechnologiques toujours plus pointues visent à instaurer des méthodes d’eugénisme toujours plus subtiles et qui visent à la recherche de l’enfant parfait, fruit d’une sélection totalement contrôlée. Par leur maladie, par leur handicap, ou plus simplement par leur présence même, ceux qui auraient le plus besoin d’amour, d’accueil, de soin, sont jugés inutiles et considérés comme un poids insupportable dont il faut se débarrasser, qu’il faut éliminer.

Nous voyons se déchaîner comme une sorte de conspiration contre la vie.

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie. Je ne peux fermer les yeux devant tant d’hommes et de femmes aujourd’hui en France qui se sentent blessés, exclus, mis sur le bord de la route pour de multiples raisons personnelles, économiques, sociales, politiques ou même religieuses.

Certes, il appartient aux politiques de gouverner, mais je ne peux m’empêcher de vous rappeler que l’économie se doit d’être au service de l’homme et du bien commun dans le respect de la justice sociale et de la solidarité humaine. La mondialisation des échanges commerciaux et la globalisation de l’économie semblent se fonder sur une conception intégralement libérale de l’économie, de ses mécanismes. L’économie prime sur tout et là encore des conceptions individualistes et libérales dominent au détriment du respect de l’homme et de la solidarité entre les hommes.

Comment vivre une authentique fraternité humaine dans notre pays ? Comment respecter les plus pauvres ? Comment répondre au droit au logement et à des logements qui n’accentuent pas la déstructuration de la cellule familiale ? Comment prendre en compte l’émigration comme un fait désormais structurel de notre monde ? Comment accueillir de manière juste tout en étant généreuse ? Comment lutter contre tous ceux qui exploitent les immigrés clandestins, les marchands de sommeil, les employeurs véreux ? Comment réfléchir à la question de l’emploi, du travail et de sa juste rémunération ? Comment prendre en compte les menaces écologiques ?

Autant de questions pour lesquelles nous attendons des réponses qui ne soient pas des promesses électorales trop souvent sans lendemain, mais des engagements clairement exprimés.

Où sont vos priorités ? Sont-elles du côté de groupes de pression susceptibles de vous apporter des voix le temps d’une élection ou sont-elles vraiment au service de notre pays ?

Au nom de l’Évangile, je ne peux que dénoncer avec les Associations Familiales Catholiques la racine de tout cela : un individualisme à tout crin qui gangrène notre société.

Nous constatons l’évolution du droit civil qui consacre depuis trente ans l’individualisme des droits. Le droit qui dicte et façonne les normes sociales, privilégie l’individu, la vie privée, considère que les choix affectifs ne peuvent et ne doivent avoir aucune conséquence ni sur les enfants ni sur la vie civique, économique et sociale.

Dans notre culture, on exacerbe souvent la liberté de l’individu conçu comme sujet autonome, comme s’il se suffisait à lui-même, en marge de ses relations avec les autres, étranger à ses relations avec autrui. Beaucoup voudraient organiser la vie sociale seulement à partir des désirs subjectifs et changeants, sans aucune référence à une vérité objective comme la dignité de tout être humain, ses droits et ses devoirs au service desquels doivent se mettre les responsables de notre société.

Ainsi toutes les formes d’union conjugale sont mises sur un pied d’égalité, le droit à l’enfant se substitue au droit de l’enfant. On laisse se propager et se développer des pratiques de contraception abortives, l’avortement et les dérives eugénistes. La famille et les familles ne sont plus considérées comme les corps fondateurs de la société, mais comme une juxtaposition d’individus. Ainsi naissent et prospèrent au gré des gouvernements, des politiques à caractère social, destinées à pallier les effets de cet individualisme qui gangrène la société. Cette conception individualiste de la société soumet notre pays aux dérives d’une opinion aux repères brouillés et aux groupes de pression qui pèsent de tout leur poids en cette période électorale (cf. Déclaration des AFC, Débats préélectoraux 2007-2008).

Au nom de l’Évangile et à la veille de l’élection présidentielle et des élections législatives, je ne peux qu’inviter les hommes politiques, les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté à passer au crible de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église vos propositions avant de se déterminer dans leur choix.

Avignon le 22 mars 2007

Monseigneur Jean-Pierre Cattenoz

lundi, mars 26, 2007

L'Annonciation du Seigneur

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,26-38.
Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.
Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »Alors l'ange la quitta.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

mardi, février 20, 2007

Le KGB, un complot contre Pie XII ?

ROME, Lundi 19 février 2007 (ZENIT.org) - Véritable tollé à la suite des révélations de l’ancien général des services secrets roumains, Ion Mihai Pacepa, selon lequel la pièce de théâtre « Le Vicaire » de Rolf Hochhuth, aurait été écrite et utilisée par le KGB pour discréditer le pape Pie XII.

Les révélations du lieutenant général Mihai Pacepa, ancien conseiller du président Nicolae Ceausescu, qui s’est par la suite enfui pour se réfugier aux Etats-Unis, ont été publiées par le National Review Online, une revue télématique américaine d’histoire (cf. Moscow’s Assault on the Vatican).

Dans ces mémoires, l’ancien responsable des services secrets roumains fait part de tentatives d’infiltration au Vatican et d’une attitude politique trop souple du cardinal Agostino Casaroli à l’égard des soviétiques.

Interrogé par Zenit sur la pièce de théâtre « Le Vicaire » de Rolf Hochhuth, qui a donné le coup d’envoi à la campagne de calomnies et de discrédit contre le Pape Pacelli, le Père Peter Gumpel, rapporteur de la cause de béatification de Pie XII, a rappelé que l’œuvre originale, qui durait huit heures, avait été, selon les critiques de théâtre, « manifestement écrite par un débutant ».

Pour améliorer la pièce et faire en sorte qu’elle puisse être jouée, Erwin Piscator, un habile metteur en scène et producteur, est venu en aide à Hochhuth. Selon le Père Gumpel, Erwin Piscator était « manifestement communiste. Réfugié en Union soviétique pendant la Deuxième guerre mondiale, il avait travaillé en Allemagne et aux Etats-Unis auprès de bureaux et d’universités notoirement procommunistes ».

Il est évident pour le Père Gumpel, éminent connaisseur de cette période et de la politique du Saint-Siège pendant les années dont parle l’ancien espion communiste, que « la réduction de la pièce à deux heures et le montage du texte avec les calomnies contre Pie XII sont dus à l’influence de Piscator ».

Quant à la responsabilité de l’Union soviétique dans cette opération, le Père jésuite explique qu’ « au Vatican on savait depuis longtemps que la Russie bolchevique était à l’origine de cette campagne de discrédit contre Pie XII ».

Et pour confirmer ses dires, le Père Gumpel ajoute que « dans les pays occupés par les communistes après la seconde guerre mondiale, ‘Le Vicaire’ de Hochhuth était obligatoirement représenté au moins une fois par an dans toutes les grandes villes ».

Le Père Gumpel affirme encore que les quotidiens et les revues communistes comme l’Unità en Italie et l’Humanité en France, ont fait et continuent de faire une grande propagande à l’œuvre de Hochhuth. Aucun doute donc quant à son influence communiste ».

« Je ne peux affirmer que Hochhuth était un agent des russes, - affirme le Père Gumpel - mais il est évident que son œuvre a été fortement influencée par l’appareil communiste ».

A ce propos, le Père Pierre Blet, historien de renom, lui aussi jésuite, a affirmé plus d’une fois que « le drame de Hochhuth ne fait pas partie de l’historiographie et que, par conséquent, c’est comme s’il n’existait pas. S’il a fait tant de bruit c’est parce qu’il s’agit d’un artifice monté de toutes pièces par Moscou pour guider la campagne contre Pie XII et le discréditer ».

Selon le Père Gumpel, grâce au « Vicaire », Hochhuth a bénéficié de la propagande des communistes mais aussi de celle des ennemis de l’Eglise et il est intéressant de noter que la représentation de la pièce a été refusée non seulement à Rome mais également en Israël ».

Quant à la crédibilité du général Ion Mihai Pacepa, le Père Gumpel a déclaré : « Il ne faut pas oublier qu’il est l’un des plus hauts fonctionnaires des services secrets des pays de l’Europe de l’Est à s’être enfui en Occident et que bon nombre de faits qu’il a rapportés exigent des précisions ».

En ce qui concerne les tentatives soviétiques d’infiltrer des agents au Vatican - des tentatives réussies selon l’ancien espion roumain -, le Père Gumpel a rappelé que dans deux institutions de la Compagnie de Jésus, à savoir l’Institut pontifical d’études orientales et le Collège pontifical Russicum, les soviétiques « ont tenté de faire entrer des séminaristes espions ».

« Il s’agit d’une affaire que je connais directement, a-t-il souligné. Il a été facile de les démasquer car leur attitude a éveillé de tels soupçons qu’ils ont fini par être chassés. Il était évident qu’ils n’avaient pas la vocation ».

Le Père Gumpel doute que des espions soviétiques aient pu avoir accès aux archives secrètes du Vatican et s’emparer de matériel pour monter les calomnies contre Pie XII, comme l’affirme le général roumain.

Mgr Sergio Pagano, Préfet des Archives secrètes du Vatican, a écrit au Père Gumpel que « les documents relatifs à Pie XII, pendant la période dont parle l’ancien espion roumain, n’étaient pas encore aux Archives secrètes. Les documents qui les intéressaient se trouvaient aux Archives de la Secrétairerie d’Etat ».

A ce propos, le Père jésuite a expliqué : « Ceux qui ne savent pas comment fonctionnent les choses au Vatican confondent facilement les Archives secrètes du Vatican et les archives de la Secrétairerie d’Etat ».

Le Père Gumpel a donc confié à Zénith que ces révélations « confirment ce que nous savions depuis longtemps et que le Père Pierre Blet a maintes fois souligné ». Cependant, a-t-il ajouté, « nous ignorions que Hochhuth a été influencé par les soviétiques d’une manière aussi explicite ».

Dans la deuxième partie de ses révélations, le général Pacepa affirme avoir rencontré à Genève Mgr Agostino Casaroli, afin de faciliter un modus vivendi entre le Saint-Siège et l’Union soviétique. Il aurait même été question d’argent.

Pour le Père Gumpel « toute cette partie est bien difficile à croire. Même si je dois avouer avoir été personnellement très sceptique sur l’Ostpolitik et cela non seulement en raison de ce que je savais du monde communiste mais aussi pour ce que plusieurs cardinaux qui vivaient dans la partie occupée par les russes m’avaient raconté ».

Le Père Gumpel a ajouté : « Grâce à mes contacts directs avec les cardinaux Alfred Bengsch de Berlin, Làzlò Lékai et Jòzsef Mindszenty de Hongrie, je peux dire que tous trois étaient contraires à l’Ostpolitik et ne voulaient pas en entendre parler » .

Le Père Gumpel a expliqué qu’il « faut être extrêmement prudents et vérifier les faits. Il est des questions pour lesquelles nous n’avons pas de réponses, par exemple quand a-t-il rencontré Casaroli ? dans quel hôtel ? Il dit par exemple qu’ils ont trouvé des documents des Archives secrètes du Vatican, mais des documents écrits par qui ? Adressés à qui ? A quelle date, quel genre de documents ? etc. ».

« Enfin, a conclu le Père Gumpel, il ne faut pas oublier que les espions doivent justifier leur existence et donner de l’importance même à des choses qui n’en ont pas. Ils se vantent souvent et parfois inventent... ».

mardi, janvier 23, 2007

Abbé Pierre: Réaction du Cal Barbarin

Une dépêche AFP concernant la réaction du Cardinal Barbarin à la mort de l'abbé Pierre, dépêche que je n'ai vu reprise nul part.

Il est vrai que pour nos chers médias, l'abbé Pierre est un héro laïc et pas un prêtre, ou alors un prêtre en conflit avec la hierarchie. Les réactions de catholiques ne les intéressent pas.


LYON, 22 jan 2007 (AFP) - Abbé Pierre: "Encore plus qu'un au revoir, un immense merci" (Mgr Barbarin)

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a exprimé lundi "encore plus qu'un au revoir, un immense merci" à l'Abbé Pierre, décédé lundi à l'hôpital du Val de Grâce à Paris.

"L'émotion est très grande à Lyon puisque c'est ici (dans le quartier populaire de la Croix-Rousse) qu'il est né", le 5 août 1912, et qu'il est ordonné prêtre en 1938 dans la chapelle du collège jésuite, a rappelé le primat des Gaules lors d'une conférence de presse.

Une messe, suivie d'une veillée, sera célébrée jeudi à 19h00 en l'église Saint-François-de-Salles de Lyon, dans le quartier bourgeois d'Ainay où Henri Grouès, futur Abbé Pierre, a grandi, a ajouté Mgr Barbarin.

"Il a été toute sa vie le défenseur des pauvres, il s'est occupé des autres toute sa vie et, jusqu'au bout, l'Abbé Pierre est resté un véritable apôtre", a déclaré le cardinal Barbarin, en appelant chaque chrétien à prendre "exemple" sur le fondateur des compagnons d'Emmaüs et à "sortir de son égoïsme".

L'archevêque de Lyon a également rappelé la visite qu'il avait faite à l'Abbé Pierre l'an dernier, durant laquelle tous deux avaient longuement discuté. "Il était très serein par rapport à la mort qui, pour lui, n'était rien de plus que +la rencontre avec un ami+", Dieu, a souligné Mgr Barbarin.

"C'était un génie de la Charité", a conclu le cardinal lyonnais, en rappelant que le combat de l'Abbé Pierre, "le combat de toute sa vie", avait été les pauvres, le logement et la mixité sociale.

lundi, janvier 15, 2007

Suite de l'affaire Wielgus

Un article de Libération revient sur cette affaire.

On peut noter que:
Dans un tardif repentir, Mgr Wielgus avait affirmé s'être confessé au pape. Il semble qu'il ne lui ait pas tout dit. Selon la presse italienne, Benoît XVI n'a pris connaissance des documents que dans la nuit précédant la cérémonie d'investiture de l'évêque. Il a aussitôt pris la décision de le démettre. «Benoît XVI a lui aussi été trahi», explique le père Tadeusz Isakowicz-Zaleski, qui milite en solitaire pour que la vérité soit faite dans l'Eglise polonaise.

Le père Tadeusz Isakowicz-Zaleski, dont j'ai déjà parlé ici, a lui même été victime de la police secrète communiste, la SB, pour son soutient à Solidarité.

A propos des problèmes de collaboration de prêtres avec la SB :
Le problème de la collaboration ne touche, selon l'IPN (NDB: Institut national de la mémoire ), qu'une poignée de prêtres. «Tous les prêtres étaient sous pression de la SB, mais seulement 10 % ont signé des déclarations de collaboration qui, pour beaucoup, ne se sont jamais concrétisées [...]. L'Eglise polonaise, contrairement aux Eglises tchèque ou allemande, est sortie du régime communiste la tête haute.»

Pour éviter qu'un tel scandale ne se reproduise, l'Eglise de Pologne à décidé de passer au crible le passé des évêques polonais.

vendredi, décembre 01, 2006

Un Pape musulman ?

Et bien voilà la dernière stupidité journalistique : après avoir fait du Saint-Père un ennemi de l'islam, en lui attribuant des paroles de l'empereur byzantin qu'il citait tout en prenant ses distances lors de son discours de Ratisbonne sn septembre dernier, et dont les conséquences furent tragiques pour au moins une religieuse chrétienne, nous apprenons maintenant que :
Le souverain pontife a ainsi visité la Mosquée Bleue d'Istanbul où il s'est recueilli en direction de La Mecque comme le font les musulmans.
Les mains croisées sur le ventre, ainsi que le font les fidèles [ndb: musulmans] pour la prière, le chef de l'Eglise catholique a prié pendant quelques minutes comme il avait été invité à le faire par le religieux musulman qui lui faisait visiter la Mosquée.

Il ne manquerait plus qu'on nous dise qu'il a prononcé la shahada, et nous aurions assisté en direct au miracle médiatique de la transformation d'un ennemi déclaré de l'islam en un fervent converti.

Voyant comment les médias nous font un sitcom des évènements concernant Benoît XVI depuis son élection, je commence à douter sérieusement de leur compétence sur les autres sujets.

jeudi, novembre 23, 2006

Prêtres mariés ? Difficile en pratique

On peut se poser la question si le célibat n'est pas une raison du déclin du nombre de prêtres en France. Note: quand j'écris "on", je pense surtout aux médias qui ramènent ça dès qu'ils écrivent un article sur la situation des vocations.

La Croix rapporte une enquête sur la situation des prêtres en France, mais c'est particulèrement un article complémentaire (En Alsace-Moselle, des pasteurs réclament les 35 heures) qui retient mon attention.

En effet, on peut y lire que
Il en ressort qu’ils se plaignent des horaires surchargés, des salaires insuffisants, de la vie de famille perturbée et du manque de repères.


Il est très intéressant d'apprendre que des pasteurs qui ne connaissent pas le célibat comme règle de vie, qui sont bien plus sécularisés que nos prêtres, se plaignent de la difficulté de concilier leur charge d'âme et de paroisse avec la vie familiale.

On peut voir dans ces plaintes un argument de poids contre le fait d'avoir des hommes mariés comme prêtres.

La tendance dans notre société individualiste est toujours moins de famille : le divorce qui était une exception devient presque une balise normale dans une vie. Ou encore, chez certains, la famille, vue comme ordre bourgeois, rétrograde, ou simplement à cause de toutes les contraintes qu'elles impose, peut être vue comme une entrave à l'épanouissement de l'individu.

Alors, dans ces conditions, pourquoi vouloir marier les prêtres ? N'est-ce pas un peu le signe de la perte de sens de notre société, qui prend systématiquement le contrepied de ce qui existe et qui marche ?

jeudi, novembre 09, 2006

Pourquoi Benoît XVI fait de la réconciliation avec les « intégristes » une priorité

Le Figaro de ce matin a une analyse intéressante à propos de la réconciliation éventuelle avec les lefebvristes.

L'article est intéressant, rappelle quelques vérités concernant la sémantique utilisée (messe en latin est une utilisation impropre, par exemple).

Mais cet article a avant tout l'avantage de ne pas utiliser la langue de bois, et de mettre clairement en avant les deux contradictions principales des opposants au retour des lefebvristes chez nous:
On peut s'étonner par ailleurs de trouver les plus hostiles à l'égard de ces catholiques séparés de Rome (« Pourquoi cet homme devait rester dehors », titrait La Vie au lendemain de la réintégration de l'abbé Laguérie) parmi les plus ouverts au dialogue avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions. Il est également paradoxal que ceux qui s'inquiètent de la coexistence de deux missels et défendent mordicus l'unité liturgique au sein de l'Église ne se soient pas émus jusqu'à présent de l'extrême diversité née des libertés prises au nom de la « créativité ».


Je pense que oui les lefebvristes doivent revenir, et que cette question de rejet de l'ancien rite est absurde, ou alors masque quelque chose d'autre (mais quoi ?): en effet, une messe qui a été la vie de l'Eglise pendant plusieurs siècles, qui a été dite par et qui a fait tant de saintes personnes (St Jean-Marie Vianney, St Louis-Marie Grignon de Montfort, Ste Thérèse de Lisieux entre autres) ne saurait être mauvaise ou erronée.

Par contre, le calendrier liturgique du rite tridentin devrait être adapté à celui du rite actuel: en effet, si j'assiste un dimanche à une messe tridentine, je n'aimerais pas avoir l'impression d'avoir loupé quelque chose la semaine suivante quand je suis de retour dans ma paroisse. Je me permets d'écrire cela en réponse à la citation, car j'ai déjà eu l'occasion de me plaindre ici du n'importe quoi liturgique que j'ai trop souvent vu.

Voilà voilà, mes deux centimes sur la question...

mercredi, octobre 25, 2006

Quand un amoureux...

Quand un amoureux de la liturgie se penche sur la controverse de la libéralisation du Rite de St Pie V, il nous donne un article très intéressant à lire.

vendredi, octobre 13, 2006

Messe tridentine: le retour

Alors hier la presse, l'officielle, la certifiée RDDV, a fait ses choux gras à propos d'une rumeur: la Pape serait sur la voie de libéraliser le rite tridentin, c'est à dire celui d'avant la réforme liturgique du Concile Vatican II.

Cela surprendra sans doute les lecteurs réguliers de mon blog : je ne suis pas traditionnaliste, c'est à dire que je ne fréquente ni de près ni de loin des groupes tradi. Ok, je lis le Forum Catholique, mais ça s'arrête-là.

Alors, comment vois-je la chose ?

Positivement.

Je comprends que cela fasse un petit peu illogique d'avoir deux rites dans l'Eglise en même temps.

Des évêques ont parlé du risque pour l'unité de l'Eglise. Mmmh... C'est aujourd'hui qu'il y a un schisme, et si la messe tridentine est libéralisée il y a de bonnes raisons de penser que celui-ci se résorbera jusqu'à devenir négligeable ou même disparaître. Le risque viendrait peut-être des partisants crispés du modernisme.

Et j'ai du mal, c'est vrai, à concevoir qu'il y ait deux calendriers liturgiques, car je ne crois pas que la messe tridentine sera adaptée à nos années A, B ou C.

Mais malgré tout je vois la chose positivement: la messe tridentine va bénéficier à la nouvelle, dans le sens où les fidèles ne seront plus interdits d'assister à un office de Pie V, et vont pouvoir revenir dans leurs paroisses avec l'inspiration de l'ancient rite, et, pourquoi pas, en améliorer l'animation liturgique.

La nouvelle messe pourra donc être vécu dans la continuité avec l'ancienne, et non pas dans la rupture. Ça c'est positif.

Et si la messe est belle, les gens vont revenir.

dimanche, septembre 17, 2006

Funestes médias

La Pape a fait un très bel enseignement sur la relation entre la foi et la raison, rejetant d'une part la foi déraisonnable et d'autre part le rationnalisme. C'était un enseignement académique, dans le vase (presque) clos d'une université. Ce n'était pas une homélie en plein air devant quelques centaines de milliers de personnes.

C'était au final une invitation au dialogue entre les cultures et les religions, comme il le dit lui-même en conclusion du discours:
Ce n'est qu'ainsi que nous devenons également aptes à un véritable dialogue des cultures et des religions — un dialogue dont nous avons un besoin urgent.

Mais il a introduit son sujet en reprenant une controverse islamo-chrétienne médiévale:
Sans s'arrêter sur les détails, tels que la différence de traitement entre ceux qui possèdent le « Livre » et les « incrédules », l'empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s'adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant: « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait ». L'empereur, après s'être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable.

Le Saint Père ne fait que citer un empereur byzantin, en faisant remarquer (ce qui est mis en gras ici) qu'il trouve que l'empereur manque de respect envers son interlocuteur.

Et comment les médias ont rapporté ces quelques lignes, mineures dans le discours ? "Les propos controversés du Pape sur l'Islam". Juste pour une introduction de quelques phrases. Selon Patrice de Plunkett, c'est qu'ils n'ont rien compris. Manifestement, oui ! Le Pape cite un vieux texte tout en prenant ses distances, mais les médias lui attribuent la citation ! On voudrait faire mousser les choses pour alimenter le journal de 20H en actualités qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Et aujourd'hui où en sommes nous ? Des dignitaires des frères musulmans demandent des excuses sinon la foule va devenir violente (et qui excite la foule? ces mêmes dignitaires le vendredi). Des fanatiques brûlent l'image du Pape. Des églises sont attaquées. Même les extrémistes hinduistes s'en prennent au Pape, eux qui essaient de convertir les chrétiens par la force.

Nous avons même une nouvelle martyr, une religieuse italienne assassinée à Mogadiscio.

Funestes médias.

En attendant, j'invite tout le monde à lire le texte du Pape à tête reposée, loin des médias incompétents.

lundi, septembre 11, 2006

Plus de prêtre ? Plus de prêtres !

Avant-hier, le doyen des prêtres de ma paroisse a fêté ses 85 ans. Et hier, la messe dominicale était un peu sa messe.

Vers la fin, juste avant l'envoi, il est venu nous dire quelques mots.

Ce qui m'a marqué le plus, c'est quand il a dit qu'aujourd'hui on se plaint qu'il n'y a bientôt plus assez de prêtres. Et bien, nous a-t-il dit, la solution, c'est de prier pour que le Seigneur nous envoie de nouveaux prêtres.

Voilà, c'était juste une petite note pour inviter mes lecteurs à prier pour les vocations :-)