dimanche, octobre 15, 2006

Petits arrangements entre "amis" : regrets de Chirac sur le génocide arménien

Voilà, dernièrement l'Assemblée Nationale a votée un texte réprimant la négation du génocide arménien. Cela ne plaît pas à la Turquie, qui pourtant aimerait rentrer dans l'Union Européenne. Elle menace de représailles sous forme de sanctions économiques.

La Turquie, qui se veut démocratique, se permet ainsi de menacer un Etat souverain, la France, et de s'en prendre à son fonctionnement démocratique, puisque cette loi a été votée par notre parlement. C'est très grave.

Là où cela se gâte, c'est, si le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan dit vrai, que Jacques Chirac
"m'a fait part ce(sic) de ses regrets et indiqué qu'il me donnait raison."

En ce moment, c'est à la mode de regretter pour des fautes non-commises, on dirait.

Enfin, il affrime que Jacques Chirac fera
"tout ce qu'il peut dans le processus prochain."

En clair, selon M. Erdogan, le président français va esayer de torpiller un processus démocratique parce que la loi n'a pas l'heur de plaire à la Turquie.

On voit où cela commence. Où cela finira-t-il ? Quelle sera la prochaine exigence turque ? La fin des relations avec l'Arménie ? La fin des relations avec Chypre ?

Enfin, M. Erdogan a dit :
"A cause de certains députés bornés, la France que nous connaissions comme le pays des libertés est obligée de vivre avec cette honte."


Mépris de notre parlement, encore une fois. Il n'a pas l'air de comprendre, ce monsieur, que la première liberté d'un état souverain, est d'édicter ses lois comme il l'entend.

La démocratie est en danger.

5 commentaires:

Dang a dit…

Je suis de ceux qui pensent que l'histoire ne se fait pas avec des lois mais je ne verserais pas une larme (même de crocodile) si la loi sur le génocide arménien nous brouille avec la Turquie!

Mickaël a dit…

Oui, c'est délicat de légiférer sur l'histoire. Cela peut limiter la recherche.

Ceci dit, dans le cas du génocide arménien et de la Shoah, les blessures sont encore vives, et légiférer peut avoir un rôle réparateur.

Olivier a dit…

Personnellement, je pense que la France est en faute, et ce sur deux points: (ce n'est que mon avis, et bien sûr, cela n'enlève rien à la gravité du Génocide Arménien!)

- D'une part, pourquoi la France "balaye-t-elle" chez ses voisins? D'un point de vue purement diplomatique et juridique, pourquoi la France se met-elle à punir sévèrement tout contrevenant à des faits historiques qui se sont déroulés hors du pays, et qui ne concerne pas la France? et quelle utilité surtout de chercher à punir à tout prix?

- D'autre part, si les parlementaires n'ont que ce soucis actuellement, cela ne fait que me confirmer qu'ils sont totalement déphasés des réalités du pays, où la population est de plus en plus inculte, pauvre, violente... Mais par contre, faire une loi pour enrayer l'endettement de la France, ho non, surtout pas! Occupons-nous d'abord de choses qui ne nous concernent pas directement!

Le génocide Arménien ne doit pas être passé sous silence, bien au contraire; mais il me semble qu'il faudrait absolument revenir aux réalités actuelles qui nous concernent vraiment...

Dang a dit…

Cette loi sur le génocide arménien émane du groupe socialiste à l'assemblée et ressemble à s'y méprendre à une opération de basse cuisine électorale (séduire l'électorat d'origine arménienne, soit 500 000 électeurs).

Mickaël a dit…

@Olivier: Oui, nos politiciens sont une caste coupée des réalités du pays. Limiter le nombre de mandats successifs à deux, par exemple, augmenterait considérablement le turn-over au parlement. On aurait alors des gens plus au fait des réalités du pays, car les partis seraient obligés de chercher de nouveaux candidats, et les appareils politiques ne sont pas inépuisables.

@Deng: c'est effectivement possible qu'on ait là un exemple typique de marketing politique, effectivement. On voit quel intérêt les partis ont à laisser la société se communautariser : on flatte les uns, on envoie des messages aux autres, afin d'obtenir leur suffrages. Nous ne sommes plus des individus mais des consommateurs de politique. C'est une singerie de démocratie. Mais c'est sans-doute plus facile à gérer du point de vue des états-majors politiques :-(