jeudi, novembre 09, 2006

Pourquoi Benoît XVI fait de la réconciliation avec les « intégristes » une priorité

Le Figaro de ce matin a une analyse intéressante à propos de la réconciliation éventuelle avec les lefebvristes.

L'article est intéressant, rappelle quelques vérités concernant la sémantique utilisée (messe en latin est une utilisation impropre, par exemple).

Mais cet article a avant tout l'avantage de ne pas utiliser la langue de bois, et de mettre clairement en avant les deux contradictions principales des opposants au retour des lefebvristes chez nous:
On peut s'étonner par ailleurs de trouver les plus hostiles à l'égard de ces catholiques séparés de Rome (« Pourquoi cet homme devait rester dehors », titrait La Vie au lendemain de la réintégration de l'abbé Laguérie) parmi les plus ouverts au dialogue avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions. Il est également paradoxal que ceux qui s'inquiètent de la coexistence de deux missels et défendent mordicus l'unité liturgique au sein de l'Église ne se soient pas émus jusqu'à présent de l'extrême diversité née des libertés prises au nom de la « créativité ».


Je pense que oui les lefebvristes doivent revenir, et que cette question de rejet de l'ancien rite est absurde, ou alors masque quelque chose d'autre (mais quoi ?): en effet, une messe qui a été la vie de l'Eglise pendant plusieurs siècles, qui a été dite par et qui a fait tant de saintes personnes (St Jean-Marie Vianney, St Louis-Marie Grignon de Montfort, Ste Thérèse de Lisieux entre autres) ne saurait être mauvaise ou erronée.

Par contre, le calendrier liturgique du rite tridentin devrait être adapté à celui du rite actuel: en effet, si j'assiste un dimanche à une messe tridentine, je n'aimerais pas avoir l'impression d'avoir loupé quelque chose la semaine suivante quand je suis de retour dans ma paroisse. Je me permets d'écrire cela en réponse à la citation, car j'ai déjà eu l'occasion de me plaindre ici du n'importe quoi liturgique que j'ai trop souvent vu.

Voilà voilà, mes deux centimes sur la question...

4 commentaires:

Julien a dit…

D'abord, je suis heureux de voir que tu parles de la question des lefebvristes, car c'est pour eux seuls que le pape souhaite libéraliser le rite tridentin.

Reste, en ce qui concerne la langue liturgique et l'application du missel qu'il faut faire une bonne information : le rite de Paul VI peut être célébré en latin, et la mauvaise application du missel peut être réduite après un rappel des évêques, et du pape.

En ce qui concerne le calendrier, c'est vraiment très difficile de concilier les deux. Je le redis, même si des gens m'attaquent la dessus : c'est deux expressions théologiques qui sont déployés dans chacun de ces rites. Ils sont donc difficilement compatibles, et le calendrier est bien un des exemples de cela.

Dang a dit…

Toute initiative qui peut réduire les schismes est forcément bienvenue. Mgr Ricard craint une Eglise où on célébrerait à la carte. Mais "il y a plusieurs demeures dans la maison du Père". Vouloir réintégrer les inégristes ne veut d'ailleurs pas dire que l'on adhère à leurs idées. Polydamas a écrit un billet intéressant sur leur point de vue mais je ne sais pas le mettre en ligne.

Mickaël a dit…

Chaque premiers dimanche du mois nous avons la messe de Paul VI en latin. Et bien c'est très beau, et je pense qui si cette pratique était généralisée nous n'aurions pas ce schisme, ou du moins il serait réduit.
Et je crois bien volontier que beaucoup de chrétiens qui aujourd'hui ne vont pas à la messe pourraient être touchés par cela et revenir à la pratique.

Dang a dit…

Tout à fait d'accord. Je suis sûr que la désaffection que connaissent les églsies serait en partie enrayée si les cérémonies n'étaient pas aussi nunuches.