jeudi, août 31, 2006

Les principes « marial » et « pétrinien » dans l’Eglise, par le card. Bertone

ROME, Mercredi 30 août 2006 (ZENIT.org) – C’est en quelque sorte une réflexion qui éclaire les catéchèses de Benoît XVI qu’a proposée le cardinal Bertone hier, 29 août, au sanctuaire de la Madone de la Guardia, au nord de Gênes, à l’occasion du pèlerinage annuel : une réflexion qui éclaire la pensée du pape sur le lien entre le principe « marial » et le principe « pétrinien » dans l’Eglise.

Le cardinal Tarcisio Bertone, archevêque de Gênes, et futur secrétaire d’Etat, a en effet confié dans son homélie : « Le Saint-Père a prié Dieu de lui accorder d’être un ‘pasteur de son Eglise doux et ferme, possédé et guidé par l’esprit de Marie, qui est un esprit doux et fort, plein de zèle et de prudence, humble et courageux, pur et fécond’ ».

« Le principe pétrinien, lié à la succession apostolique, dont Pierre est le chef et le représentant a été magistralement illustré par le Saint-Père dans ses catéchèses aux audiences générales, très écoutées, et suivies dans le monde entier », ajoutait l’archevêque de Gênes.

« En cette solennité où nous faisons mémoire de l’apparition de la Vierge à Benedetto Pareto, je veux m’arrêter, annonçait l’archevêque, sur le sens du message et de la demande de Marie à ce paysan, il y a 516 ans. Marie a demandé de ‘reconstruire’ et le début fut la construction d’une église en briques, un édifice pour le culte. Mais dans chaque communauté chrétienne on a toujours besoin de reconstruire les rapports et les relations de chacun avec Dieu et de tous les hommes et les femmes entre eux ».

C’est pourquoi le cardinal Bertone proposait des « passages éclairés des interventions du Saint-Père pour illustrer le principe marial de l’Eglise, pour mieux comprendre le rôle de Marie dans l’histoire du salut et de l’Eglise, et le principe pétrinien, incarné par les apôtres et par leurs successeurs, qui sont garantis et promoteurs de l’annonce authentique de l’Evangile ».

Principe marial et pétrinien
Il citait en particulier cette réfléxion du grand théologien suisse, le cardinal Hans Urs von Balthasar : « L’élément marial gouverne de façon cachée dans l’Eglise, comme la femme dans le foyer domestique ».

Il citait ensuite Benoît XVI qui affirmait, en la solennité de l’Annonciation, le 25 mars dernier, que le principe marial « a été particulièrement mis en évidence après le Concile, par mon bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II, en cohérence avec sa devise ‘Totus tuus’. Dans sa spiritualité et dans son infatigable ministère, la présence de Marie, Mère et Reine de l’Eglise a été manifestée aux yeux de tous ».

Les deux dimensions se rencontrent dans la charité
Le cardinal Bertone évoquait le discours du pape aux nouveaux cardinaux sur le thème du rapport entre ces deux dimensions de l’Eglise, « mariale et pétrinienne » qui « se rencontrent dans ce qui constitue l’accomplissement des deux, c’est-à-dire dans la valeur suprême de la charité, le charisme ‘le plus grand’, la ‘vie meilleure de toutes’, come l’écrivait l’apôtre Pierre ».

Il soulignait que le pape, comme le manifeste son encyclique « Deus caritas est », a choisi comme priorité pastorale « d’édifier l’Eglise dans la charité comme communion d’amour » dans ce contexte il soulignait que « le principe marial qui pousse, guide et aide, puissamment, à sa façon, à construire l’Eglise en tant que communauté d’amour ».

« L’Eglise est invitée à contempler le cœur et le visage maternel de Marie, et donc à se mettre sagement à son école », insistait le cardinal Bertone.

L’évêque, successeur des apôtres
A partir de l’étymologie et du terme grec « episcopos », le cardinal faisait observer que l’évêque est celui qui a « une vision d’en-haut, un qui regarde avec le cœur ».

Il ajoutait : « Le lien entre le collège des évêques et la communauté originaire des apôtres est compris avant tout dans la ligne de la continuité historique » : « la continuité s’exprime dans cette chaîne historique ».

« La succession apostolique dans le minsitère est considérée comme un lieu privilégié de l’action et de la transmission de l’Esprit Saint », soulignait encore le cardinal.

Le « caractère principal particulier » de l’Eglise qui est à Rome
Citant saint Irénée de Lyon, le cardinal Bertone faisait observer que « ce réseau de la succession apostolique » est une « garantie de la persévérance dans la parole du Seigneur (…) ».

Et quant à l’Eglise de Rome, « cette Eglise, en raison de son caractère principal particulier (propter potiorem principalitatem) », il est nécessaire qu’elle unisse toutes les Eglises.

« La succession apostolique – vérifiée sur la base de la communion avec celle de Rome – est donc le critère de la permanence des Eglises particulières dans al Tradition de la commune foi apostolique », concluait le cardinal Bertone.

L'apostolicité
« Ce que représentent les apôtres dans la relation entre le Seigneur Jésus et l’Eglise des origines, la succession minstérielle le représente de façon analogique dans le rapport entre l’Eglise des origines et l’Eglise acuelle », affirmait encore l’archevêque de Gênes.

Il ajoutait : « A travers la succession apostolique, c’est alors le Christ qui nous rejoint (…). Le Christ lui-même est le vrai pasteur et le gardien de nos âmes, que nous suivons avec une grande confiance, une grande gratitude, une grande joie ».

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